HALTE aux Poussières !
Le constat :
Septembre 2006, la majorité nous annonçait : « D’ici ou d’ailleurs… Halte aux poussières ! ». L’intervention commençait par : « Notre politique étant de mener des actions déterminantes et volontaristes se traduit par des actions concrètes, à ce titre la Ville de Gravelines, soucieuse de la qualité de l’air et du cadre de Vie des habitants… » et se concluait par : « Votre collaboration, conjuguée aux compétences des services municipaux, nous permet de renforcer notre politique environnementale : une politique proactive, préventive et constructive. Préserver l’environnement est le devoir de tous. »
Dans un courrier adressé à la population, en mai 2007, le maire nous informait qu’il avait interpellé les industriels et les services de l’état afin que le problème des envols de poussières émanant du QPO (quai à pondéreux du port ouest) ne se reproduise pas et que si c’était le cas, il porterait le dossier devant les tribunaux !
Dans la Voix du Nord du 15 août 2008, notre 1er magistrat se targue d’avoir pour priorité, l’amélioration du cadre de vie et la création de 1000 logements en 10 ans : un grand nombre de logements situés aux Huttes et au Pont de Pierre, secteurs fortement impactés par les retombés. Lors de la réunion publique du 3 août 2008, à laquelle il était convié, il regrettait que : « les habitations soient trop prés du site de stockage de minerais : Certainement le seul aussi prés en Europe ! » Précisait-il. On peut s’étonner qu’il souhaite continuer à construire dans ce même secteur ou que des permis de construire puissent y être attribués. Parmi ces opérations, les accédants à la propriété sont-ils bien conscients de la perte de valeur que risque de subir leur investissement ?
Lors d’une réunion de la CLIS organisée en juillet 2008, tout comme le médecin présent lors de la réunion publique du mois d’août, le sous-préfet a interpellé le maire, concernant le bien fondé d’une alerte pollution pour les personnes fragiles durant ces pics (enfants en bas âge, personnes âgées, malades, asthmatiques et sportifs).
Ce même médecin s’était exprimé dans le Phare Dunkerquois du 7 août : « J’ai un devoir par rapport à mes patients du secteur des Huttes… demander aux mères de famille de ne pas sortir les nourrissons, que les personnes âgées évitent les grandes balades, que les sportifs s’interdisent tout effort physique… un appel à une prise de conscience qui n’a que trop tardé. Au fond combien vaut la santé des Gravelinois ? ». Une prise de responsabilité qu’on attend toujours de la part de nos dirigeants politiques !
Le maire, ne nous parle plus que du « Paarc de l’Aa », une dénomination pompeuse visant à cacher le « Bassin d’Aviron ». Si ces « alertes pollution » devenaient obligatoires, que deviendraient les chimères de notre premier magistrat ? Quel attrait touristique offrirait notre ville ? Nous n’avons aucune nouvelle de la municipalité, concernant l’extension du QPO et la volonté du Grand Port Maritime de Dunkerque de devenir la base arrière de l’Angleterre pour les minerais. Avec l’extension et l’augmentation du trafic minéralier par rails, les nuisances risquent d’empirer et quelle que soit la direction du vent !
Sommes-nous moins exigeants que nos voisins d’Outre-manche et d’Outre-rhin ?
Observons de quelle manière Allemands et Anglais limitent les nuisances pour leurs concitoyens :
En Allemagne, les rejets de poussières autorisés sont limités à 1g/m² par jour, alors que chez nous, ils étaient avant la modification de l’arrêté préfectoral de 4g/m² par jour. Quatre fois le taux accepté par nos voisins. Serions-nous génétiquement modifiés, pour accepter une telle différence ?
A Liverpool, la hauteur des monts est limitée à 9m, chez nous elle atteignait 18 à 20m avant modification ! Dans cette même ville, toute activité est stoppée à partir du moment où le vent atteint 60km/h, chez nous aucun ralentissement ou arrêt n’est constaté, quelle que soit la vitesse du vent !
Il devenait impératif de limiter au maximum les envols de poussières, d’adopter les règles en vigueur chez nos voisins, voire les améliorer, de rendre plus performant l’obligation d’arrosage de l’industriel, de connaître la provenance des poussières, ainsi que leur composition et leur impact sur la santé, d’exiger une attention particulière de la part de l’exploitant lors des chargements et déchargements afin de limiter les envols ainsi que le maintien en état de propreté du site, de demander des contrôles réguliers de la part de la DREAL (ex DRIRE). Les wagons quittant le port et contournant la ville doivent être bâchés. Nous devons pouvoir durcir les obligations de l’exploitant, au cas où celles prises ne s’avèrent pas suffisamment efficaces.
Les résultats obtenus par la mobilisation citoyenne :
Grâce à la mobilisation du Collectif contre les poussières et aux Gravelinois s’étant positionnés à travers une pétition réunissant plus de 2200 signataires, une étude en partenariat avec Aloatec et le S3PI a vu le jour. Le 0800 77 53 66 (N° Vert aloatec) permet de faire constater les envols de poussières, prélever un échantillon et en identifier la provenance. Le site Internet www.portouestdk.poussieres.info. permet de suivre l’évolution des pics et de donner son avis grâce à un forum. Quatre capteurs ADA ont été implantés aux endroits sensibles de la ville. Il est important que le dispositif perdure. Nous souhaitons la mise en place d’une étude pour connaître l’impact du cumul des différents composants prélevés sur la santé des riverains.
La modification de l’arrêté préfectoral régissant l’exploitation de Seabulk au QPO, a enfin été obtenu en septembre 2009. Ce n’est certes pas la fin du combat mais une étape primordiale dans la résolution attendue. Une étape qui aurait du être mise en place depuis longtemps et qui a consisté à observer ce qui se fait chez nous par rapport à ailleurs, à dresser un constat de la situation, à faire des propositions en ne perdant jamais de vue que si elles ne s’avèrent pas suffisantes, il est possible de demander une nouvelle modification.
Des choses demandées ont été accordées : Tout d’abord, le taux de rejets qui était autorisé à 4g/m²/j est passé à 1g/m²/j en périphérie de site, ce qui rend ce taux similaire à celui pratiqué en Allemagne. Une moyenne mensuelle qui n’existait pas est fixée à 300mg/m²/j. Le maintien en état de propreté permanent du site, des voies de circulation et des abords est exigé avec un taux de 100g/m² pour les voies de circulation. Les tas doivent être maintenus humides de manière efficace mais les tas stockés pour de longues durées devront être laqués. Une analyse effectuée par un organisme extérieur portant sur le volet « Santé de l’étude d’impact » sera transmise à l’inspection aux frais de l’exploitant. Nous avions demandé à ce que la hauteur des tas, entre 18 et 20 mètres, soit ramenée à ce qui se fait en Angleterre, nous ne l’avons pas obtenu. Une hauteur maximale de 16 mètres et 14 mètres pour les produits les plus sensibles sera pratiquée. Ils ont l’obligation d’être écrêtés. Nous n’avons pas obtenu de dispositions strictes, concernant l’arrêt ou le ralentissement de l’activité selon la vitesse ou l’orientation du vent. Toutefois, l’exploitant doit mettre en place une procédure écrite faisant rapport des incidents. Un capteur doit être maintenu obligatoirement à l’extérieur du site et les 4 capteurs ADA présents à Gravelines ainsi que l’ensemble de la procédure en partenariat avec Aloatec et le S3PI sont maintenus jusque octobre 2010. Ils ont permis de définir, la fréquence et la quantité mais surtout la provenance des poussières gênantes. ¼ Seabulk, ¼ Alcan, ¼, Béfésa Valéra, ¼ Comilog et depuis juillet une grande quantité de sable provenant du bassin d’aviron, contrairement aux engagements qu’avait pris la majorité lors du vote concernant l’exploitation d’une sablière sur le site : « Toutes les dispositions ont été prises… ».
Les prochaines étapes : Veiller à ce que l’arrêté préfectoral Seabulk soit respecté grâce aux capteurs ADA, dans le cas contraire prendre les dispositions afin que la société soit condamnée. Vérifier que les mesures respectées soient suffisantes, dans le cas contraire demander à ce que les conditions soient durcies. Faire rouvrir les arrêtés préfectoraux des trois autres entreprises afin que les mêmes conditions y soient appliquées. Nous demandons des contrôles des services de l’Etat (DREAL) plus sérieux et plus fréquents ainsi qu’une enquête concernant l’impact sur la santé des différents composés cumulés entre eux et qui pourraient être mise en place par le S3PI.
Nous restons mobilisés !
Depuis la fin du mois de décembre 2009, une recrudescence de poussières, dont 75% proviennent du QPO selon les analyses, trouble la tranquillité des Gravelinois alors même que ce n’est pas la saison où habituellement elles sévissent et que la neige sur les tas devrait normalement empêcher les envols. Ces pics sont particulièrement élevés durant les épisodes de vent Nord/Nord-Ouest comme le démontre les graphiques présents sur le site www.portouestdk.poussieres.info.
Il convient de se poser plusieurs questions : Les mesures maximales en périphérie de site (1gr/m²/j) ainsi que les hauteurs imposées à Seabulk dans l’arrêté préfectoral, sont-elles respectées ? Les tas sont-ils maintenus humides ? Dans quelles conditions de manutention sont pratiqués les déchargements et chargements ?
Il est également nécessaire d’avoir accès à la procédure écrite imposée à la société durant les épisodes de vent défavorables et de lancer, une enquête concernant l’impact sur la santé des différents composés cumulés entre eux.
Le maire de la ville, affirmait avoir une police efficace en la présence des gendarmes de la DRIRE, devenue DREAL : Quand auront lieu les contrôles inopinés afin de savoir si les termes de l’arrêté sont respectés et si oui connaître les raisons pour lesquelles ça ne fonctionne pas ?
Dans le cas où les normes fixées ne seraient pas respectées, il appartient au premier magistrat de la ville de déposer une plainte pour trouble du voisinage comme il l’annonçait dans un courrier adressé à la population en 2007 : Déjà trois ans ! Si les termes sont respectés, il convient de faire modifier de nouveau l’arrêté afin d’en durcir les conditions.
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